La gestion des déchets de vétiver, un défi de taille !

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Depuis les années 50, des industriels haïtiens œuvrant dans le domaine de la transformation  du vétiver se sont lancés dans une démarche on ne peut plus noble celle de conquérir le monde. Ce qui concourt à la réputation qu’a maintenant Haïti, le premier exportateur de l’huile de vétiver à travers le monde. Si fort souvent notre positionnement géographique nous désavantage, car nous sommes susceptibles d’être victime de séisme et d’autres intempéries, le vétiver est une graminée qui s’est répandue dans presque tous les milieux tropicaux: on la retrouve  en Haïti, en Inde, en Chine, en Malaisie, dans l’Océan Indien et en Afrique austral, etc.

Les industries de production de l’huile de vétiver  ont  le statut d’industrie agricole selon le vœu de l’article 227 du code Rural de 1963 qui le précise ainsi : « Les termes Industries Agricoles s’appliquent à cette entreprise ou exploitation ayant pour objet principal le traitement mécanique, biologique ou chimique d’un produit agricole brut (racines, écorces, feuilles, fruits ou graines), avec ou sans transformation complète, et quel que soit le lieu de ladite entreprise ».

Les racines du vétiver sont distillées pour produire de l’huile essentielle, qu’en est-il de déchets provenant de ses racines ?

La région du Grand Sud, étant l’une des régions où la culture du vétiver est la plus répandue en Haïti, connait depuis un bon moment des situations difficiles en ce qui a trait à la mauvaise gestion des déchets de vétiver. Dans un premier temps, les racines de vétiver qui vont dans les usines sont transportées dans des gros camions  à ciel ouvert. Et que sous le caprice du vent, il arrive parfois que le boulevard des quatre chemins soit parsemé de particule de racines. On peut même se demander; est-ce que ce là qu’on avait planté le vétiver ? Ce qui cause pas mal d’accident de la circulation.

Dans un second temps les camions empruntent le chemin inverse à la suite des opérations industrielles  pour aller se débarrasser des déchets. De manière anarchique, quelques producteurs de l’huile de vétiver ont institué trois grandes décharges en violation flagrante de la LOI N0. XV du code Rural haïtien traitant de l’HYGIENE RURALE. Une première à Bergeaud à proximité du pont L’ilet, une deuxième à Dexia située à une cinquantaine de mètres des maisons habitées par des familles, une troisième à hauteur de Bourdet à une dizaine de mètres de la route de l’aéroport Antoine Simon. Acheminés dans ces endroits, ces déchets sont  brûlés en pleine nature.

Cet acte revêt le caractère du kamikaze écologique. Les producteurs ne détruisent pas seulement le cadre physique de notre existence, ils détruisent le leur également. Ils savent pertinemment ce que cela cause  sur l’environnement. Mais, ils se sont voués à la facilité. Des études scientifiques ont démontré les propriétés qu’ont les déchets de vétiver, les cultivateurs peuvent l’utiliser pour faire des composts. Est-ce trop demander de rendre utile ce qui constitue une menace à notre existence tout entière ?

Cette manière de se déresponsabiliser va plus loin, les usines évacuent les eaux chaudes provenant des matériels dans les canaux qui jusqu’à la mer, une attaque directe perpétrée contre le fond marin. Les bénéfices colossaux dégagés de ce secteur d’activité suffisent-ils pour que la population paye une note aussi exorbitante ?

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