Ce bilan de promesses !

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Ce bilan de promesses !

Le miracle le plus ordinaire d’un inculte  est sa capacité d’exhiber sa médiocrité en  théâtralisant le sérieux. Quitte à le faire par naïveté ou par méchanceté. Lors de sa conférence bilan du 7 février 2018 au palais national pour sa première année au pouvoir,  le président Jovenel Moïse du haut de son stature a relaté que “la caravane du changement n’a pas de budget, c’est une stratégie”. Ignorant que la stratégie elle même peut être  un plan ou un plan d’action avec toute l’exigence qu’elle requiert. Études, planifications, budget etc…

Ce nonchaloir tiré des chèques de l’incompétence au plus haut niveau de l’administration d’état l’amène à minimiser l’effet déficit budgétaire jusqu’à dire “Beaucoup attribuent le déficit budgétaire à une dépense du gouvernement qui ne respecterait pas les normes, mais je ne crois pas qu’il y ait cette situation alarmante”. Alors que ce déficit accuse “plus de 78 millions de dollars américain depuis le mois d’octobre s’alarme la banque centrale”.

Dans la foulée de l’amalgame du président Jovenel Moïse qui, de prime abord  n’aurait pas  maîtrisé l’abécédaire de l’Economie pousse l’économiste Kesner Pharel à arguer au fait que le locataire du palais national ” n’a pas d’informations pour nous démontrer réellement que le déficit budgétaire n’est pas alarmant alors que ce déficit est assez important”.

Le président est un politique. C’est normal qu’il calme les choses en nous disant de ne pas nous inquiéter renchérit Kesner Pharel. Pourtant  le danger est imminent voire évident. Ces dizaines de milliers de jeunes mettant les voiles en quête d’une amélioration des conditions de vie  en territoire sud américain est un des signes les plus flagrants du ça ne va plus à Haïti et qu’il faut tout re-penser.

“Nous avons importé pour près de 5 milliards de dollars l’année dernière, note Kesner Pharel qui invite le gouvernement à prendre des mesures structurelles du genre à stabiliser le cadre macroéconomique en prenant des décisions difficiles, en mettant fin par exemple à la subvention des produits pétroliers parce que nous n’importons plus à des prix préférentiels du Venezuela dans le cadre du programme PetroCaribe”.

À entendre le président Jovenel Moïse tout va pour le mieux et qu’Haïti est sur la voie du changement. Ce qui lui a vallu la charge de mettre l’État de côté et toutes les  institutions républicaines au passage de sa caravane. Pas même un chien n’aboie. Ce comportement de <<One man show>> ne fait qu’aiguiser l’instabilité et la faiblesse de nos institutions déjà anémiées. Dirigeant ne s’improvise pas. Et Jovenel Moïse est loin d’être le prototype d’un chef d’État [responsable] avec qui un plaidoyer pour le renforcement de nos institutions est possible. À moins d’être le changement lui même.

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