Et le carnaval passe…

caramel-edito-1.jpg

Fidèle à ces traditions, cette année encore le carnaval haïtien était au rendez-vous, une enveloppe de 186 millions de gourdes était disponible pour la matérialisation de ce que plus d’un considère comme la plus grande manifestation culturelle de l’année. Le Champ de Mars était le pupitre sur lequel s’exprimaient tous les courants de pensée qui incarnait le quotidien haïtien. Les groupes musicaux pro-gouvernementaux faisaient l’éloge de l’équipe au pouvoir ce qui frise l’indécence selon les anti qui à leur tour lèvent la voile sur la situation de promiscuité dans laquelle patauge la majorité de la population.
Le sénateur-artiste Antonio Cheramy dit Don kato,une fois de plus, accule le pouvoir tèt kale 2.0 avec le meringue danse petro. Un  Appel désespérant  à la répression des dirigeants qui ont pillé les fonds de la coopération Venezuela-Haïti Petrocaribe, ironie du sort, dire que le département de l’Ouest lui a donné un siège au Sénat de la République pour exercer le pouvoir de contrôle par contre il entend le faire depuis son char au Champ de Mars. Le champion de l’année dernière du carnaval de Port-au-Prince a eu le mérite de gratifier les mélomanes d’une meringue qui cristallise le contraste existant entre la réalisation du carnaval dans la situation actuelle du pays et les problèmes urgents auxquels fait face la population haïtienne. Mais il a jeté l’opprobre, sur une œuvre qui aurait pu constituer pour la postérité un texte de référence pour les futurs constructeurs d’Etat sur la notion de priorité, quand il s’était lancé dans une quête, aussi indécente que nauséabonde, de char musical pour pouvoir défiler sur le parcours carnavalesque. Ce feuilleton hollywoodien nous rappelle les bassesses des musiciens devenus parlementaires à la faveur des dénonciations faites à l’encontre des décideurs politiques de l’époque. Que dire de l’ex-président Joseph Michel Martelly, Sweet Micky ? Il était tout simplement égal à lui-même, ses sarcasmes annuels n’ont même pas épargnés le premier citoyen de la République cette année Skiny Boy il l’a surnommé. Comme toujours son carnaval à lui a pris fin vers les neuf du matin, accompagné du sénateur Gracia Delva il a fait échec avec ses chiens de gardes à la police et frayé un chemin sur la route de carrefour. Il a bloqué à lui seul une route reliant plusieurs départements du pays pendant plusieurs heures.
Une amnésie partielle  avait frappé la quasi-totalité de la population tout moun nan kanaval, pas de courant électrique on règlera cela après les trois jours gras, les problèmes de santé persiste ce n’est pas grave on y arrivera, le marché Hyppolite est incendié, pas même une déclaration du maire de Port-Au-Prince mais c’est le carnaval on verra cela après. Les responsables de cette réjouissance populaire ont fait quoi avec notre argent ? En fait, le Carnaval nous rapporte quoi concrètement ? La modique somme de 140 millions n’est qu’une petite misère pour un carnaval rentable, en revanche quand il ne l’est pas, nous sommes en droit de nous demander quel est le bilan après les 3 jours de festivités ?  Est-ce la satisfaction des particuliers à vendre plywood,  2×4,  clous, peintures, … ?
Maintenant la routine prendra sa place, les vieux dossiers poussiéreux feront surface de nouveau. La puanteur de l’environnement socio-politique sous la pression des opposants farouches du pouvoir tèt kale deuxième version va se réinstaller tranquillement  sous les nez de la population. Nous nous donnons rendez-vous à l’année prochaine pour la rimique de cette année car, il n’y a rien de plus stupide que de faire la même chose et de s’attendre à des résultats différents.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

scroll to top