Un projet de plus, un projet de trop en mode pause

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Depuis huit ans,  tout trafic aérien est cessé à l’aéroport Antoine Simon des Cayes. Le 1er février 2013, l’espoir allait renaître. Le premier Ministre de l’époque Laurent Salvador Lamothe avait fait une déclaration qui devrait constituer le véritable fer de lance du développement de la région méridionale d’Haïti: “sous mon administration l’aéroport Antoine Simon sera un aéroport international”. C’était au moment de la pose de la première pierre. Le coût pour l’agrandissement de l’ouvrage oscillait les 30 millions de dollars us et une durée de deux ans était impartie pour la finalisation de ce méga projet. Entre autres, étaient conviés au réaménagement de l’aéroport une piste de 3 150 mètres, un autre terminal et un tarmac qui allait faciliter l’atterrissage des avions la nuit. Pour parvenir à l’agrandissement de la piste, 352 propriétaires se trouvant dans l’aire de l’aéroport étaient dédommagés à hauteur de 284 millions de gourdes selon  Ronald DECEMBRE secrétaires d’Etat aux finances d’alors.

A ce moment l’Etat haïtien avait la main légère puisque les autorités jouissaient de la largesse des fonds petrocaribe. Les attentes étaient nombreuses : de nouvelles chambres d’hôtels, de nouveaux restaurants, des maisons locations de voitures, la vente de produit artisanal. Toutes ces questions étaient scrupuleusement abordées par Stéphanie Balmir villedrouin, ministre du tourisme de l’époque. Le dernier  rapport sur les fonds petrocaribe faisait état de plus de 80% de la réalisation de ce projet. A l’instar des chantiers non-achevés hérités de l’administration passée, Jovenel Moise a déclaré ce 2 janvier, “à mon départ le 7 février 2022, cet aéroport (Ndlr : Antoine Simon) sera international”.

Pour le lancement de l’agrandissement de la piste d’atterrissage seulement une plantation de manguier a été complètement rasée, lequel champ constituait une source de revenu évaluant à plusieurs de milliers de dollars us par son propriétaire. Cette plantation  fournissait des mangues à des pays étrangers. Et les riverains vendaient, après le tri les plus représentables, au marché local le reste qui se chiffrait à hauteur de plusieurs milliers de gourdes. Le processus de l’expropriation pour cause d’utilité publique est toujours au point mort car il y a des propriétaires de terrain se trouvent dans un flou juridique. Leur titre de propriété se trouve entre les mains d’un notaire qui traitent des opérations. Cependant, jusqu’à date ils n’ont encore rien pour leur parcelle de terre. Ils se plaignent qu’’ils ne peuvent effectuer aucune opération, ni vente, ni d’affermage ou autres, ils perdent l’abusus, le droit de disposer de leur propriété plusieurs années sans recevoir en contrepartie une juste indemnité.

En dépit de l’impact qu’allait avoir l’implantation d’un aéroport international dans le Sud, un raisonnement plutôt judicieux vient à répétition dans la société cayenne, pourquoi pas un port international en lieu et place d’un aéroport international ? L’histoire du département du Sud est étroitement liée à la question maritime. Le port des Cayes générait à lui seul dans les années 80 plus plusieurs milliers de dollars l’an, et plusieurs dizaines d’emplois indirects. Regardons le nombre de touristes qui visitent le pays selon les derniers chiffres disponible 1.127,577 visiteurs, dont 662,403 croisiéristes et 465,174 touristes de séjour. Et l’opacité sur le nombre vol que reçoit l’aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince ne laisse guère présager des chiffres intéressants. Des arguments peu convaincants pouvant justifiés l’investissement de 30 millions de dollars dans l’agrandissement de l’aéroport Antoine Simon car cette infrastructure sera destinée pour accueillir d’abord les avions des touristes.

Faire du grand Sud un pôle touristique ! La dichotomie est frappante entre les velléités des autorités et la réalité du Grand Sud. Depuis le passage de l’ouragan Matthieu cette région peine encore à se relever. Des gens vivent sous les tentes à une vingtaine de kilomètres de ville des Cayes sur la nationale # 2. Les infrastructures routières se trouvent en piteux états, les bords de mer sont sous-exploités, le rationnement en électricité n’excède pas les 5 heures par jour. Comme par magie la construction d’un aéroport international fera du grand Sud une destination touristique de première main pouvant concurrencer avec celle des autres pays de la Caraïbe. Le nouveau Punta Cana (Ndlr : Stéphanie Balmir Villedrouin ex-ministre du tourisme ), stagne et les urgences de l’heure augmentent.

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